Route Nationale 12
La route nationale 12, la plus longue nationale française (550 km environ), relie Paris à Brest, via Dreux, Alençon, Rennes et Saint Brieuc. Elle constitue
un axe majeur de désenclavement des territoires traversés et pourtant beaucoup de travaux de mise à deux fois deux voies restent à faire. L’objet de ce site est donc d'informer des solutions de
tracé envisagées, du trafic et du planning des opérations d'aménagement en Voie Express.
Grenelle de l’environnement, écotaxe, mode
ferroviaire… Dans ce contexte omniprésent de défense de l’environnement, l’accès à la Basse Normandie est il écologique ?
Sans vouloir opposer les modes de transports entre eux, le randonneur marchera le long du GR22, un automobiliste averti empruntera la RN
12 alors qu’un voyageur souhaitant prendre le train utilisera la ligne Paris Granville. Or dans les deux dernières situations,
l’énergie utilisée est fossile car le matériel roulant d’Alstom fonctionne aujourd’hui au fioul (seul Paris - Dreux est électrifiée).
Face à ce constat, une quinzaine d'élus bas-normands ont d’ailleurs donné naissance à une association dénommée « L'Association des élus bas-normands de
la ligne Paris-Granville » avec pour objectif d’obtenir l’électrification de la ligne. Dans l'esprit des élus, cet investissement compenserait l'installation de l'EPR de Flamenville et de sa
ligne à très haute tension.
Cependant avant de voir aboutir un tel projet, il y a de réelles opportunités à saisir entre le tout électrique et le tout fioul : le bi-mode. Bombardier a en effet construit un train hybride
permettant de rouler au diesel sur une voie non électrifiée, et quelques kilomètres plus loin de passer à la propulsion électrique sans s'arrêter…
Le premier groupe de
travail, mis en place dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, a proposé des mesures qui ont pour objectif de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre
d'ici à 2020. Les ambitions principales sont de favoriser le transfert de la route vers des modes alternatifs et de trouver des sources de financement pour développer de nouveaux programmes
d'infrastructures (ferroviaire, transports collectifs).
Pour ce faire, les
transporteurs routiers et les conducteurs de voitures vont à la fois devoir changer leur comportement et payer davantage. Les poids lourds devraient ainsi être soumis à une «écoredevance»
kilométrique, prélevée sur les autoroutes non concédées et les routes
nationales. L'objectif est de collecter environ 1 milliard d'euros par an, modulée en fonction des caractéristiques des
véhicules.
Les automobilistes devraient eux aussi
payer leur taxe kilométrique, via une augmentation de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIIPP) qui serait identifiée sous l'appellation « contribution climat énergie ». Il est aussi
question de mettre en place un mécanisme dit de « bonus-malus », consistant en une sorte de vignette, baptisée écopastille, qui pénalisera chaque année les véhicules neufs les plus polluants, et
favorisera les moins polluants via une prime ou un crédit d'impôt. Enfin, les automobilistes devront réduire leur vitesse de 10 km/h sur l'ensemble du réseau, hors agglomération soit 120 km/h sur
autoroute, 100 km/h sur voie express, et 80 km/h sur les routes nationales et départementales. La France aurait ainsi les mêmes limitations de vitesse que les autres pays d'Europe, hormis
l'Allemagne et l'Autriche.
Enfin le rapport propose d'affecter une part significative des ressources de la fiscalité environnementale à l'Agence de Financement des Infrastructures de France pour les
infrastructures de transport alternatives à la route et l'aérien, et aux collectivités territoriales pour le financement des transports collectifs.
Le mode ferroviaire est le grand gagnant de
ces discussions. Outre la régénération du réseau de lignes, et la poursuite des grands projets d'infrastructure déjà engagés, les membres du Grenelle souhaitent que des voies soient réservées au
fret, que de nouvelles infrastructures de contournement des agglomérations soient réalisées, et que le train soit favorisé par rapport à l'avion lorsqu'ils desservent les mêmes villes, si besoin
grâce à une taxe sur le kérosène. L’objectif du développement du fret non routier est de passer de 14% à 25% en 15 ans.
Pensez vous que les mesures annoncées vont freiner l'aménagement de la route nationale 12 ?
Afin de répondre au nombre croissant de personne souhaitant partager leur trajet, la Bretagne met progressivement en place des aires de covoiturage.
L’initiative est relayée par les conseils généraux du Finistère et des
Côtes d’Armor qui financent les travaux d’aménagement des aires. Le tout est complété par des sites
internet très fournis au sein desquels beaucoup d’offres de trajets sont proposés...
A l’aube du grenelle de l’environnement dont l'un des groupes de travail concerne
la lutte contre les changements climatiques et la maîtrise de l'énergie, ne trouvez vous pas qu’une telle mesure mériterait d’être étendue à d’autres régions (la Basse Normandie, par
exemple) ?
Noxer est un procédé qui élimine par photocatalyse les gaz polluants NOx générés par les combustions à hautes températures des voitures. Eurovia et Mitsubchi
Matrials, entreprises à la réputation établie, ont en fait inventé une sorte de sur-revêtement routier. L'idée est de revêtir la route d'une couche d'enduit à base de ciment, de 3/4 cm
d'épaisseur, un ciment qui constitue un écran absorbant, grâce à la présence d'oxyde de titane. Cet oxyde titane réagit par photocatalyse sous l'action du rayonnement solaire (les ultra-violets),
pour transformer les oxydes d'azote (NOx) des gazs d'échappement en solutions acides qui sont neutralisées à la chaux, avant d'être évacuées par les eaux de pluie.

Plusieurs tests en grandeur réelle ont lieu, notamment à Dinan. En sus de cette vertu de dépollution de l'air, ce matériau, si on l'applique sur un mur
(dans une composition un peu différente) a aussi un effet anti-bruit. Pour une dépollution maximale, il conviendra alors de faire les deux, chaussée et murs.

Le principe pollueur-payeur est un principe économique mis au point dans les années 1970 par l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique). Il vise à limiter les nuisances sur l’environnement dues à l’activité économique (industrie, transports,…) et aux activités privées (utilisation d’une voiture,...).
Selon ce principe, celui qui pollue doit participer aux dépenses occasionnées par les mesures de prévention, de réduction des pollutions ou de lutte contre la pollution qu’il a causée. Ce sont les pouvoirs publics qui veillent à l’application de ce principe par le biais de réglementations spéciales.
A ce titre, le ministre des Transports Dominique Perben souhaite réduire les tarifs des péages pour les véhicules propres qui respectent les normes antipollution. L’ancien pilote de Formule 1 Jean-Pierre Beltoise a remis le 7 février 2007 un rapport au ministre qui propose "d'accorder une réduction de 20% aux poids lourds et aux voitures les plus propres grâce à un badge de télépéage spécifique".
Dans cette optique, le ministre des Transports a demandé à ses services de "préparer un projet de loi pour la rentrée afin de permettre cette modulation". Plusieurs millions de véhicules devraient être concernés par cette nouvelle mesure. Celle-ci pourrait entrer en vigueur début 2008 pour les poids lourds répondant aux dernières normes antipollution (euro IV et V) avant d’être progressivement étendue aux voitures émettant moins de 130 g de CO2 par km. "C’est la première fois en Europe qu’une mesure aussi large sera mise en place à l’échelle d’un réseau de plus de 8 000 kilomètres d’autoroutes", a indiqué Dominique Perben.
Que pensez vous de l'instauration du principe pollueur-payeur sur les routes nationales à péage ?









