Fin juillet 2008, Jean Louis Borloo a officialisé le projet de ligne à grande vitesse ferroviaire (LGV) qui devrait
permettre, d’ici 2014, de relier Paris à Rennes en
1h27. Cette LGV Bretagne/Pays de la Loire est le prolongement, en direction de Rennes, de la LGV Paris-Le Mans. Le projet s’inscrit ainsi dans la continuité du TGV Atlantique mis en service en
1989 et il repose sur la construction en Sarthe, Mayenne et Ille-et-Vilaine de 182 km de ligne nouvelle et de 32 km de voies de raccordements, sans construction de gares supplémentaires.
D’autre part, une amélioration de la liaison ferroviaire entre Rennes et Brest est encours afin de relever la vitesse sur certaines sections par l’adaptation de l’infrastructure ainsi que par la
suppression des passages à niveau. Enfin une réflexion
est encours concernant la desserte du Mont Saint Michel car 98% des touristes actuellement y accèdent par la route.
Au final, soit aux alentours de 2015, il est envisagé de parcourir Paris Brest en 3h20 avec une probable augmentation tarifaire. A titre de comparaison, le même
trajet, par la route nationale 12, requiert aujourd’hui environ 8h de transport pour un coût moyen de 80€.
Pensez vous que la LGV va ralentir l’achèvement des travaux de la RN12 ?
Grenelle de l’environnement, écotaxe, mode
ferroviaire… Dans ce contexte omniprésent de défense de l’environnement, l’accès à la Basse Normandie est il écologique ?
Sans vouloir opposer les modes de transports entre eux, le randonneur marchera le long du GR22, un automobiliste averti empruntera la RN
12 alors qu’un voyageur souhaitant prendre le train utilisera la ligne Paris Granville. Or dans les deux dernières situations,
l’énergie utilisée est fossile car le matériel roulant d’Alstom fonctionne aujourd’hui au fioul (seul Paris - Dreux est électrifiée).
Face à ce constat, une quinzaine d'élus bas-normands ont d’ailleurs donné naissance à une association dénommée « L'Association des élus bas-normands de
la ligne Paris-Granville » avec pour objectif d’obtenir l’électrification de la ligne. Dans l'esprit des élus, cet investissement compenserait l'installation de l'EPR de Flamenville et de sa
ligne à très haute tension.
Cependant avant de voir aboutir un tel projet, il y a de réelles opportunités à saisir entre le tout électrique et le tout fioul : le bi-mode. Bombardier a en effet construit un train hybride
permettant de rouler au diesel sur une voie non électrifiée, et quelques kilomètres plus loin de passer à la propulsion électrique sans s'arrêter…
Pensez vous que la région Basse Normandie devrait investir dans le bi-mode ?
Le premier groupe de
travail, mis en place dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, a proposé des mesures qui ont pour objectif de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre
d'ici à 2020. Les ambitions principales sont de favoriser le transfert de la route vers des modes alternatifs et de trouver des sources de financement pour développer de nouveaux programmes
d'infrastructures (ferroviaire, transports collectifs).
Pour ce faire, les
transporteurs routiers et les conducteurs de voitures vont à la fois devoir changer leur comportement et payer davantage. Les poids lourds devraient ainsi être soumis à une «écoredevance»
kilométrique, prélevée sur les autoroutes non concédées et les routes
nationales. L'objectif est de collecter environ 1 milliard d'euros par an, modulée en fonction des caractéristiques des
véhicules.
Les automobilistes devraient eux aussi
payer leur taxe kilométrique, via une augmentation de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIIPP) qui serait identifiée sous l'appellation « contribution climat énergie ». Il est aussi
question de mettre en place un mécanisme dit de « bonus-malus », consistant en une sorte de vignette, baptisée écopastille, qui pénalisera chaque année les véhicules neufs les plus polluants, et
favorisera les moins polluants via une prime ou un crédit d'impôt. Enfin, les automobilistes devront réduire leur vitesse de 10 km/h sur l'ensemble du réseau, hors agglomération soit 120 km/h sur
autoroute, 100 km/h sur voie express, et 80 km/h sur les routes nationales et départementales. La France aurait ainsi les mêmes limitations de vitesse que les autres pays d'Europe, hormis
l'Allemagne et l'Autriche.
Enfin le rapport propose d'affecter une part significative des ressources de la fiscalité environnementale à l'Agence de Financement des Infrastructures de France pour les
infrastructures de transport alternatives à la route et l'aérien, et aux collectivités territoriales pour le financement des transports collectifs.
Le mode ferroviaire est le grand gagnant de
ces discussions. Outre la régénération du réseau de lignes, et la poursuite des grands projets d'infrastructure déjà engagés, les membres du Grenelle souhaitent que des voies soient réservées au
fret, que de nouvelles infrastructures de contournement des agglomérations soient réalisées, et que le train soit favorisé par rapport à l'avion lorsqu'ils desservent les mêmes villes, si besoin
grâce à une taxe sur le kérosène. L’objectif du développement du fret non routier est de passer de 14% à 25% en 15 ans.
Pensez vous que les mesures annoncées vont freiner l'aménagement de la route nationale 12 ?
Afin de répondre au nombre croissant de personne souhaitant partager leur trajet, la Bretagne met progressivement en place des aires de covoiturage.
L’initiative est relayée par les conseils généraux du Finistère et des
Côtes d’Armor qui financent les travaux d’aménagement des aires. Le tout est complété par des sites
internet très fournis au sein desquels beaucoup d’offres de trajets sont proposés...
A l’aube du grenelle de l’environnement dont l'un des groupes de travail concerne
la lutte contre les changements climatiques et la maîtrise de l'énergie, ne trouvez vous pas qu’une telle mesure mériterait d’être étendue à d’autres régions (la Basse Normandie, par
exemple) ?
Noxer est un procédé qui élimine par photocatalyse les gaz polluants NOx générés par les combustions à hautes températures des voitures. Eurovia et Mitsubchi
Matrials, entreprises à la réputation établie, ont en fait inventé une sorte de sur-revêtement routier. L'idée est de revêtir la route d'une couche d'enduit à base de ciment, de 3/4 cm
d'épaisseur, un ciment qui constitue un écran absorbant, grâce à la présence d'oxyde de titane. Cet oxyde titane réagit par photocatalyse sous l'action du rayonnement solaire (les ultra-violets),
pour transformer les oxydes d'azote (NOx) des gazs d'échappement en solutions acides qui sont neutralisées à la chaux, avant d'être évacuées par les eaux de pluie.
Plusieurs tests en grandeur réelle ont lieu, notamment à Dinan. En sus de cette vertu de dépollution de l'air, ce matériau, si on l'applique sur un mur
(dans une composition un peu différente) a aussi un effet anti-bruit. Pour une dépollution maximale, il conviendra alors de faire les deux, chaussée et murs.